Pillage des ressources naturelles par les labos VERSUS le droit à l’autodétermination des peuples.
Les plantes de forêt tropicale ont déjà offert des preuves tangibles de leur potentiel grâce à des remèdes répondant à divers problèmes médicaux, allant de la leucémie infantile aux maux de dents.
70% des plantes identifiées comme ayant des caractéristiques anti-cancéreuses par le US National Cancer Institute ne se trouvent que dans la forêt tropicale.
Les utilisations indigènes offrent des indices sur des plantes potentiellement utiles: pendant des milliers d’années, les groupes indigènes ont utilisé les plantes de la forêt tropicale pour leurs besoins sanitaires. Ils en ont testé un large éventail: les habitants du Nord-Ouest de la forêt Amazonienne utilisent au moins 1.300 espèces pour des besoins médicaux.
Dans le passé, les opérations de prospection ou plus justement de biopiraterie, étaient la règle.
Alors que les entreprises pharmaceutiques engrangeaient des millions de revenus, la communauté qui avait trouvé la plante produisant le médicament ne recevait que des casquettes de baseball, des perles ou de l’aspirine en compensation. La tendance est toujours à cette exploitation sans juste retour. Bien qu’aujourd’hui davantage de revenus soient renvoyés aux peuples indigènes, la plupart des pays tropicaux ne bénéficient pas des infrastructures nécessaires à l’analyse des espèces et manquent des fonds nécessaires au financement de telles activité.
Sur le contrôle de l’accès aux ressources végétales, très peu de réglementations protègent les savoirs et ressources indigènes.
En France, les articles L.5132-1 à -9 et R.5150 à R.5219-15 du Code de la santé publique réglementent la production, la fabrication, le transport, l’importation, l’exportation, la détention et la vente des substances et préparations vénéneuses à utilisation pharmaceutique, dont les stupéfiants, et ceci dans le cadre de la convention des Nations unies sur les stupéfiants du 21 mars 1961.
Ces normes donnent tout une batteries de prérogatives aux pontes de l’industrie chimique: Monsanto, Bayer, Basf, Dupont, Syngenta (ayant absorbé Novartis, le tueur d’abeilles). C’est grâce à ces lois notamment que Sanofi a le monopole de la culture du pavot. Le droit international quant à lui se contente de déclarations au caractère non contraignants consacrant des droits fictifs sous un paquet cadeau de belles formules.
Cas de piraterie intellectuelle de plantes indigènes d’Amérique du Sud.
- L’ ayahuasca.
Récemment, une bataille de labels s’est engagée entre l’Inter-American Foundations, une agence de développement, et le COICA, organisation représentant les peuples indigènes de la région Amazonienne, au sujet de l’ayahuasca L’incident de biopiraterie a débuté en 1986 lorsqu’un Américain en visitant l’Équateur prit un échantillon sans permission pour lequel il acquit un label du gouvernement Américain. Aujourd’hui, l’Américain a créé l’International Plant Medicine Corporation et travaille avec l’ayahuasca pour développer des médicaments psychiatriques et cardiaques. Le COICA dit que l’Américain n’a pas droit au label, pour le composant de cette plante utilisée par des peuples indigènes depuis des générations. Le refus du Sénat Américain de ratifier la Convention des Nations Unies sur la Biodiversité, qui a été ratifiée par plus de 100 pays dont l’Équateur où l’échantillon fut obtenu, complique encore les choses. L’accord des Nations Unies inclut la reconnaissance de la propriété intellectuelle aux peuples indigènes.
- Le maca.
Très récemment les Péruviens ont réussi à récupérer une partie des droits de commercialisation de cette plante connue et cultivée depuis très longtemps pour ses qualités diététiques et médicinales. Les guerriers Incas en consommaient pour acquérir une meilleure résistance, de la force et du courage. À notre époque, sa valeur nutritionnelle est reconnue tant par la NASA que la FAO qui l’inclue dans la liste des produits naturels pour combattre les problèmes nutritionnels. Le maca est considéré comme une plante revitalisante, tonifiante, facilitant la consolidation des fractures, régularisant les règles et surtout aphrodisiaque chez la femme comme chez l’homme. Cette dernière « supposée » propriété a bien sûr attiré la convoitise de compagnies occidentales spécialisées dans les « compléments alimentaires », marché au combien lucratif. Une compagnie Nord américaine (Pure World Botanicals) a déposé plusieurs licences en 2000 et 2001 pour protéger sa technique d’extraction d’une fraction supposée plus active que la plante entière, et pour protéger ses droits sur l’utilisation de cette plante comme aphrodisiaque. Ce faisant, il semblerait qu’elle ait tenté de monopoliser le marché de cette plante aux USA, empêchant, en pratique, les producteurs Péruviens de vendre leur propre maca. Les paysans péruviens ont finalement fait valoir leur droit de découverte sur le maca et leur connaissance traditionnelle et ancienne de son pouvoir aphrodisiaque, mais seulement à l’issue d’une guerre juridique de plusieurs années.
Les cultivateurs et les commerçants Péruviens ne sont pas au bout de leur peine car des licences d’exploitation de brevets portant sur le maca ont été déposées au Japon en 2005 et 2006. De plus, les Chinois (très friands d’aphrodisiaques) essaient de se procurer des graines, des cultures cellulaires ou même des fragments de racine de maca pour démarrer une culture expérimentale de cette plante probablement sur le haut plateau Tibétain. C’est un exemple de « piraterie » selon les instances internationales. Il en est de même pour ces espèces: quinoa, nem (margousier), noni, sangre de drago, rooibos, malala, stevia et bien d’autres encore…
On constate un nombre exponentiel d’affaires portant sur la privatisation du vivant depuis 1980, date du 1er arrêt de la Cour Suprême américaine statuant sur cette question et accordant le brevet sur une bactérie.
S’il fallait résumer ça de manière claire et intelligible par tous: une poignée d’oligarques à la tête des plus grands capitaux mondiaux se sert à l’envie dans les royaumes naturels des pays les plus pauvres du monde.
À consulter:
- http://www.france-libertes.org/-Qu-est-ce-que-la-biopiraterie-.html
- Pour mieux comprendre le brevetage: https://www.infogm.org/-OGM-et-brevet-sur-le-vivant-?lang=fr et https://www.ritimo.org/Qu-est-ce-que-le-brevetage-du-vivant-6423
- http://information.tv5monde.com/info/europe-le-vivant-est-desormais-brevetable-29257
- Sur le déséquilibre entre les parties en présence: http://www.semencespaysannes.org/une_reglementation_complexe_10.php
- Pétition contre le pillage de la stevia par coca cola: https://actions.sumofus.org/a/coca-cola-partagez-les-profits-percus-grace-aux-produits-a-base-de-stevia?source=campaigns
- https://www.bastamag.net/Biopiraterie-en-France-comment-des-entreprises-privees-menacent-de-s-approprier
- http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/17/des-etats-unis-a-l-europe-a-qui-appartiennent-les-plantes-cultivees_3235181_3244.html
- « La Bolivie se bat contre le pillage biologique. A la recherche de nouvelles molécules, des scientifiques étrangers n’hésitent pas à soutirer aux chamans leurs secrets ancestraux de guérisseurs pour ensuite déposer des brevets pharmaceutiques», Libération, art. du 19/12/99
- http://global.mongabay.com/fr/rainforests/1007.htm


